Publié le 22/04/2010 - Lu 811 fois
Mensonges et abus de confiance en tout genre, un premier après-midi comme un jeu de dupes, De Petits Crimes Conjugaux aux frasques de Landru, en passant par les angoisses qui agitent le crâne de Ionesco.Texte : Une idée intéressante ou comment l'amnésie sert de prétexte à gratter les âmes d'un couple ordinaire après 15 ans de vie conjugale. L'auteur, Eric-Emmanuel Schmitt, en fait une énigme pour tenter de trouver ce qui écorne nos individualités dans le mariage. Jeux d'influence ? Manipulation ? Pour amener l'autre vers ce que l'on a toujours voulu qu'il soit.
Les comédiens : Semblant mal à l'aise au début, les comédiens sont entrés dans le texte au fur et à mesure que ce couple à la scène se retrouve. Cela sonne plus juste alors. Pourtant le dénouement se fait attendre, vire quelque peu à la caricature et déçoit.
Mise en scène : Une mise en scène simple, construite comme un face à face dans un atelier d'artiste figé, comme une nature morte servant de tableau à ces deux amnésiques.
Avant la représentation, Anne Bourgeois, marraine du jour, a précisé au public qu'il manquerait un personnage sur scène : un peintre qui réalise en direct les portraits des protagonistes, enlevant certainement un peu de sel à la représentation.
GD
Le texte : Une pépite. Une farce, une fantaisie si délicieusement cruelle. Comme une méchante gourmandise. Un travail sur les mots à la fois léger et profond.
Les comédiens : Un Landru bluffant. Séduisant face à la mort, inquiétant face à lui-même. Un Deibler pas mal non plus ; la mort aussi lui va si bien.
La mise en scène : Simple mais efficace. Décor épuré. Peu d'artifices visuels, juste des panneaux pour structurer l'espace de ces quelques tableaux faisant parfois penser dans leurs enchaînements à de vieux films muets. Le choix des intermèdes musicaux y est certainement pour beaucoup.
Ça bouge, c'est vivant, sans mauvais jeu de mots.
Seul bémol : le titre de Julien Clerc choisi pour la sortie rompt un peu le charme, mais c'est lui qui clôt les débats, alors passons...
Fortes réactions du public, réactif pendant la pièce, sous le charme de l'humour, l'arme la plus efficace au fond.
GD
Le texte : Un choix périlleux que cette pièce méconnue d'Eugène Ionesco. Ça passe ou ça casse. Et ça passe.
Les comédiens : On retrouve sur scène trois Bartholoméus particulièrement complices dans une chambre d'étudiant d'un autre temps, coachant un Ionesco plus mal à l'aise dans ses baskets, plus dans la retenue, mais assez touchant dans le rôle de l'auteur-cobaye mis au pilori. L'interprétation est globalement réussie.
La mise en scène : C'est vif. On se laisse vite porter, d'autant plus que la pièce est un quart d'heure plus courte que les deux précédentes (1h), ne laissant pas le temps de s'ennuyer.
Au-delà de la réflexion sur la critique et le théâtre en lui-même, l'auteur livre ici un manifeste contre l'endoctrinement ou la censure opérée par l'ordre établi. Il cherche lui-même à construire des règles pour outrepasser les règles et les principes qu'il déplore. Cercle vicieux. Merci pour ces précisions Dr Bartholoméus.
GD
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