Publié le 24/04/2010 - Lu 782 fois
Beaucoup de bruit ce samedi 24 avril et pas pour rien. Notre coup de coeur va tout droit à trois escargots laveurs de cerveaux pour leur interprétation autant que pour leur prise de risque. Texte : Deux textes inégaux pour deux tableaux également très inégaux. D'un côté, une farce sur les pêchés capitaux, en particulier la gourmandise. C'est mignon, bien qu'assez téléphoné.
De l'autre, un "essai" sur la colère (a priori) au contenu vulgaire, non en fait grossier, ou les deux d'ailleurs, on a le choix dans l'embarras. Le thème de la colère et du non-dit aurait pourtant pu nous faire accepter beaucoup de choses.
Les comédiens : Les gestes ont parfois tendance à se raccrocher aux mots.
Mise en scène : C'est globalement bien réglé, mais grandiloquent.
Si la première pièce passe proprement, esquissant de jolis sourires sur le visage des spectateurs, le second acte peine à nous emmener nulle part. Le choix de ce texte ronflant y est sans doute pour beaucoup.
GD
Le texte : Voici que se présente tout autre chose. Un OVNI, une pièce entre hallucination et cauchemar, chronique de la folie ordinaire. Un voyage cérébral, difficile d'accès certes, dérangeant mais dans le bon sens du terme qui aura, semble-t-il, laissé le public interloqué, le temps de se sortir des griffes de cette chimère.
C'est féroce, angoissant, mais on rigole de cette absurdité mise en exergue.
Les comédiens : Il faut une grande maîtrise du verbe, du geste et des corps pour donner vie à ce texte hors du temps, surréaliste. Et ces qualités sont bien là.
La mise en scène : Un beau travail sur la lumière assortie de projections en fond de scène. Mais la réussite de ce projet tient avant tout à un ensemble très chorégraphié, visuel autant que sonore. Ça roule et traîne sur les planches, ça résonne dans nos têtes, sauvez-nous ou rendez-nous fous maintenant.
GD
Le texte : Du burlesque pour un éloge de la différence. Un très joli canevas de mots et de situations cocasses. Entre absurdités et évidences, une galerie de personnages restés sur des quais de gare, pour des rencontres dans des trains manqués, à se rappeler d'oublier de se souvenir des choses qu'ils n'ont pas encore vécues. De quelle couleur était le cheval blanc d'Henri IV monsieur de La Palisse ?
Les comédiens : Ces sept bouffons tout droit sortis d'un dessin animé ont un p'tit air de Deschiens dans des costumes mal taillés qui leur vont si bien. De la couleur et du maquillage, les comédiens sont touchants de naïveté et à l'aise dans le corps de ces clowns lunaires, eux-mêmes mal dans leur peau.
La mise en scène : Ambiance cabaret pour cette série de sketches, restés frais et modernes malgré les années et la traduction d'un texte écrit en dialectes bavarois dans la première partie du 20e siècle.
Coquette fantaisie.
GD
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