Publié le 25/04/2010 - Lu 859 fois
Humour, humour pour cette dernière journée de compétition. Moins tranchée que les jours précédents, notre préférence va tout de même à la seconde pièce du jour, seconde adaptation d'un texte de Mateï Visniec en compétition dans ces Arlequins 2010. Le Spectateur condamné à mort, présenté par Les Ex-Symbols.Texte : Un choix difficile, limite hasardeux. Un sacré pari en effet de s'approprier un des textes les plus célèbres de l'auteur de Zazie dans le métro.
A l'origine, une simple histoire de jeune homme dans un bus parisien. Une seule et même situation vue et revue à l'infini par l'ensemble de ces protagonistes qui, de près ou de loin, jouent un rôle dans cette affaire. Autant de manières de détailler, d'interpréter les circonstances, sans pour autant n'être jamais à côté de la plaque. Téléphones arabes et dialogues de sourds pour relater la complexité d'un quotidien sans aucune espèce d'importance.
Les comédiens : Un bel exercice de style aussi pour les comédiens. Des prestations inégales dans le groupe cependant, mais l'ensemble tient la route à l'intérieur de ce bus.
Mise en scène : Du rythme, des enchaînements. C'est assez léché, chiadé, mais a tout de même du mal à prendre, si tant est que cela devait prendre un jour ou l'autre. C'est donc peut-être très réussi au fond ? Chacun voit midi à 14h après tout.
GD
Le texte : Seconde adaptation d'un texte de Visniec. L'histoire : la Justice s'ennuie et cherche à justifier son leadership dans une société des plus ordonnées. De l'humour noir pour ce procès kafkaïen par excellence où l'accusé, qui s'ignore encore, est jugé responsable d'un crime qu'il n'a pas encore commis. Contre lui, contre vous, contre nous, une justice féroce, démoniaque. Au delà de la parodie de procès, il est question de choses graves, au cœur de l'univers de l'auteur franco-roumain : du totalitarisme et de ses absurdités, de collaboration passive, de complaisance, de corruption, de terreur au service d'une pensée unique.
Les comédiens : C'est bien joué. C'est drôle. Les comédiens font parfois penser à la famille Adams à l'heure de l'apéro un verre de bile noire à la main.
La mise en scène : Assez réussie dans un style très différent de nos Laveurs de cerveaux (lire Sous le masque du 24-04).
Le traitement au vitriol d'une justice qui a les moyens de nous faire parler.
GD
Le texte : Les femmes vues par les hommes. Mais aussi les femmes vues par les femmes pour une pièce d'un tout autre genre. Entre clichés, éclairants somme toute, sur la pensée masculine, et manifeste pour l'égalité des femmes dans le monde, par delà les cultures et les croyances.
Les comédiens : Les interprètes ont suffisamment d'atouts dans leur manche pour, tour à tour, se faire passer pour quatre lycéens présentant leur spectacle de fin d'année, avant de nous troubler par de violentes séquences.
La mise en scène : Un peu too much peut-être, mais ne dessert pas ce texte engagé.
Un ensemble réussi à l'heure où l'on parle tant des droits de l'homme et que la femme réclame encore son égalité.
GD
Mercredi 11 avril 2012
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