Publié le 07/02/2006 - Lu 5970 fois
La nouvelle proposition d’Yvann Alexandre au Théâtre municipal. "Le corps sombre", premières en France pour cette création chorégraphique internationale, conçue entre la France et le Québec. A découvrir à Cholet les 8, 9 et 10 février.La nouvelle proposition d’Yvann Alexandre au Théâtre municipal. "Le corps sombre", premières en France pour cette création chorégraphique internationale, conçue entre la France et le Québec.
A découvrir à Cholet les 8, 9 et 10 février.
Après cinq mois de recherches et d’échanges entre plusieurs villes françaises et québécoises, la Compagnie Yvann Alexandre s’apprête à dévoiler "le corps sombre" sur la scène du Théâtre municipal. Premier grand rendez-vous d’un parcours de création déambulatoire, engagé en octobre dernier à Cholet, lieu de résidence de la compagnie depuis 2002.
Yvann Alexandre signe la chorégraphie avec la complicité des danseurs de ce sextuor. Les protagonistes ont en effet disposé d’une grande liberté dans l’interprétation du livret et pour imaginer les répliques que leur corps allait donner aux mots et aux images soufflés par le chorégraphe.
Pour la conception sonore, la compagnie a travaillé avec Christophe Sartori. Guillaume Cardell, The Edonist The Visual Prostitutes (Cirque du Soleil), a de son côté développé une scénographie visuelle d’avant-garde.
Interprètes : Justine Allereau, Kevin Bruneel, Anthony Cazaux, David Drouard, Pierre-Alexandre Lamoureux et Vincenzo Schiavulli.
"Le corps sombre", au sens de l’obscur et de la chute, évoque, nous dit-on, le poids de la masse sur l’individu mais aussi l’obligation de verticalité comme moyen de survie, bien que l'acte de résistance soit vain.
Pour donner vie à cette vision angoissante de l’existence, Yvann Alexandre a de façon paradoxale choisi de donner à un ange le rôle central de sa pièce. Un envoyé des cieux, impalpable, léger et aérien pour aborder la gravité de la matière. Un être surnaturel pour exprimer la condition des vivants.
Faut-il voir en cet ange la part de lumière qui existe en chacun de nous ? Cette aura que nous aimerions manifester au monde, dont l’éclat demeure perpétuellement en proie à la meute de nos sentiments, des conventions qui rongent à petit feu son halo. Ce supplément d'âme, qui permettrait à chacun de s’élever pour s’extraire de la masse, disparaît opprimé par toutes les questions qui nous traversent l’esprit, nous bouleversent par leurs contradictions, remuent nos sens, se jouent de nos humeurs.
Que faire ? Lutter, se battre chaque jour ? Epuisant.
Laisser tomber alors, capituler ? Pas plus rassurant.
La voie la plus raisonnable serait sans doute de suivre la caravane normative. De monter dans le train du conformisme et se laisser bercer par les heurts réguliers de ses roues sur les rails puis, sombrer comme envoûté par les promesses de ce vacarme apaisant, à l’image de l’ange fauché sur le sol, lui-même usé par tant de chocs et de combats.
Un dénouement proposé comme une fin ou, au contraire, comme une issue pour la lumière retenue en chacun d’entre-nous. Peut-être la chance de l’extraire du cocon dans lequel elle se trouvait jusqu’alors enfermée ?
8, 9 et 10 février à 20h30 au Théâtre municipal.
Durée 1h15.
Tarifs : 16 € ; réduit 13 € ; jeune 9 € ; scolaire 5 €
Renseignements : 02 41 49 26 00
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