Publié le 25/10/2010 - Lu 4128 fois
Les Z'Eclectiques, le festival des musiques actuelles qui monte, qui monte, revient au mois de novembre avec une programmation fédérative et éclectique. Trois lieux, trois soirées, du 11 au 13 novembre. Premier acte du festival (jeudi 11 novembre), une soirée découverte au Bar'Ouf avec GaBlé, une prestation qui risque de plaire à toute la famille. D'origine tourangelle, Boogers assurera la suite.

Entre boui-boui indéfinissable et bricolage ultra inspiré, Gablé n’en finit pas d’étonner et de séduire.
Influencé par des groupes comme The Books, Múm, Daniel Johnston, Why?, CocoRosie, Sonic Youth, le trio déploie un véritable chantier autour de lignes de guitare sèche, de samples électroniques et de voix venues d’ailleurs.
» Site Internet : gable1.free.fr
Sous ses allures de clochard barbu à guitare sèche, Boogers n’est pas pour autant un mélange d’Herman Düne et Sebastien Tellier, nos plus fameux poilus de l’internationale pop. Côté barbe à poil, ce serait plutôt du côté de Grandaddy qu’il faudrait aller chercher les accointances, et encore, Boogers cultive les paradoxes.
» MySpace : www.myspace.com/musicboogers
8 € / 6 € - places en vente au Bar'Ouf et sur www.digitick.com
Deuxième acte (vendredi 12 novembre), les programmateurs ont décidé de faire du Jardin de Verre un véritable dance floor avec Lexicon et Beat Torrent.
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Alliant la fureur du rock à l'ardeur du hip-hop, le tout saudoupré par une mouture électro, les deux acolytes de Beat Torrent cristallisent leurs passions communes et leurs expériences singulières.
Beat Torrent, c'est aujourd'hui plus de 200 dates en France et dans le monde, un projet de remixes "Reworks" prévu pour octobre 2010 avec, entre autres, Naïve New Beaters, Birdy Nama Nam, Hocus Pocus, Beat Assailant, etc., de la production et un album à venir très prochainement. En bref, il s'agit là de la team frenchy incontournable qui fait convulser toutes les scènes du moment.
» MySpace : www.myspace.com/beatorrent
Les frères BLACK, duo de rappeurs blancs, ont mis du rock dans leur rap avec leur projet LEXICON pour se balader entre les Beastie Boys, les Happy Mondays et les Strokes. Ils ont enflammé le Printemps de Bourges avec leurs beats hip- hop et leur musique tour à tour acérée et sensuelle.
» MySpace : www.myspace.com/lexicon
10,50 € / 7 € / 5 € dans les points de vente habituels
Troisième et dernier acte (samedi 13 novembre), le collectif a fait très fort en faisant venir Public Enemy au Foirail. Mais c'est oublier un peu vite que Zaz, le Peuple de l'Herbe, Philippe Katerine et Elisa Do Brasil seront aussi de la partie.

© photos : Farouk Kebila (ZAZ) - Dominique Gouband (Philippe Katerine)
"Première chose à savoir : j’ai toujours chanté. Même si parfois, j’ai perdu le fil de la musique, elle m’a toujours retrouvée. C’est à 20 ans que tout s’enchaîne : formation au CIAM de Bordeaux et premier groupe, du blues. En deux temps, trois mouvements, je me retrouve en tournée avec un orchestre de baloche basque, ambiance fête à Bayonne, remparts de Carcassonne. Deux ans plus tard, petite annonce : Don Diego cherche chanteuse, j’arrive à la rescousse et je signe d’un Z qui veut dire ZAZ. Par ici les influences afro, arabo, andalo, brésilo, latino, tout ce qu’il faut, avec des vrais pros.
Paris m’appelle et là, nouvelle petite annonce : cherche chanteuse à la voix cassée. C’est tout moi !!! Keredine Soltani et les compères de Play On me mettent sur le chemin de mon premier album.
Et à part ça… j’ai aussi chanté devant 10 000 personnes au stade d’Hendaye, fait du rap provincial, boeufé avec des chiliens à Casablanca, repris Piaf au fin fond de la Sibérie, fait danser la Place du Tertre, joué gratos dans une mine de sel en Colombie, fait une tournée en Egypte sans rien voir du pays (l’horreur !), gagné le concours génération Réservoir, kiffé sur la scène de l’Olympia, enregistré une partie de mon album avec Raphaël (le vrai, celui qui tourne des clips par moins 10° C sur le toit d’un immeuble) et mille autres choses encore. Et le pire, c’est que tout est vrai."
Zaz, à lire invariablement dans les deux sens.
» MySpace : www.myspace.com/zazofficiel
Le nouvel album de Katerine s’appelle très sobrement "Philippe Katerine". On notera au passage l’arrivée du prénom "Philippe", sans fanfares mais tout de même, ce petit indice "familier" donne quelques repères valables pour l’ensemble de l’album. En effet, l’album de Katerine est une plongée au cœur de l’intime, puisant dans l’enfance de l’art, une grille nouvelle pour lire notre monde d’aujourd’hui. A commencer par cette pochette-miroir aux origines de chacun, une pochette faussement sage et apaisée (avec son père et sa mère), des textes essorés, essentiels, et une garde rapprochée limitée à son plus simple appareil (guitare, basse, batterie).
Un premier titre, "Bla bla bla", qui là encore, avec trois mots dit tout et un premier single officiel qui est un hymne à la liberté, avec un Katerine apôtre de la nudité. Nous voilà éclairés. Katerine, le retour ou la nonchalance plus que jamais au service du citoyen. On aura compris qu’il s’agit d’un disque remarquablement unique qui parle à tous. L’artiste repoussant les limites du lisible, de l’audible, de l’acceptable à priori en matière de musique pop, tout en proposant une aventure artistique et humaine, une fois de plus. On rit, on est ému, on se pince plus d’une fois pour se demander si ce que l’on écoute est réel.
Et pourtant, Katerine nous confond par une poésie toujours à fleur de peau (de "Banane", le premier single), une pudeur et un profond désir de communiquer avec nous, ses frères humains. S’il existait une nouvelle définition de la fraternité (dont la version "officielle" est ici moquée dans le très pertinent "Liberté, égalité…"), une fraternité véritable, voulue, refondée, le nouvel album de Katerine en serait sans aucun doute un nouveau manifeste.
» Site Internet : katerine.free.fr
Issu du collectif de rappeurs et de DJ Spectrum City, fondé par Hank Shocklee ; le groupe se fait connaître en faisant diffuser son premier titre Public Enemy #1 dans l'émission que Chuck D anime, Super Spectrum Mix Hour sur les ondes de la radio soul WBAU, donnant ainsi son nom au groupe.
Ils sont les pionniers d'un nouveau rap militant et connus aussi pour leur célèbre slogan "Make love, fuck war". Le groupe s'est caractérisé dès ses débuts par un son très agressif parfois proche du metal, produit par le Bomb Squad, composé de Hank Shocklee, Keith Shocklee, Eric "Vietnam" Sadler, et Carl Ryder (alias Chuck D), et par des propos très engagés sur la condition de la communauté noire aux États-Unis, relayant notamment les idées de Louis Farrakhan, le leader de la Nation of Islam. Actuellement, Public Enemy assure sa succession en faisant porter le flambeau du Rap engagé à des rappeurs plus jeunes (musicalement parlant) tels que Dead Prez de New York ou Paris de San Francisco.
» Site Internet : www.publicenemy.com
Fort d’une déjà longue et belle histoire, de l’expérience du sage et d’une énergie intacte, Le Peuple de l’herbe est reparti sur les routes avec un nouvel album. Typiques de ces groupes français qui comptent, loin de tout tapage médiatique, les lyonnais du Peuple de l’herbe, précurseurs des briseurs de barrières des genres musicaux, écumeurs des salles de concerts de l’Europe entière, et adeptes du "on est jamais mieux servi que par soi-même" (indépendance et autonomie restent des postulats de base de la carrière du groupe), le gang dévoile donc son cinquième album studio, enregistré à domicile, dans leur propre studio, la Supadope Factory, parfait laboratoire d’expérimentation et de production. Le propos du Peuple de L’herbe reste souvent énervé et explosif. Un groupe plus que jamais vivant et enthousiaste, suffisamment en phase avec son époque pour en faire un des acteurs majeurs de la scène indépendante française, sereinement tourné vers l’avenir…
» Site Internet : www.lepeupledelherbe.net
Après plus de 12 années d'activisme dans les milieux electroniques français, la franco-bresilienne, Elisa do Brasil a marqué les esprits de Trouble-Fêtes, à l'orga des Techno Parade ou encore d'un passage plus qu'apprécié au mythique festival Astropolis. Aujourd'hui, sa drum'n'bass sensuelle et dynamique est sa marque de fabrique. Pour clôturer ce festival, rendez-vous sur le Dancefloor du Foirail, avec cette Djette hors paire.
» MySpace : www.myspace.com/djelisadobrasil
Les intermèdes seront assurés par DJ Kalcka, DJ Sharklo et DJ Prosper.
Théâtre Foirail Prévente : 19 € / 23 € et dans les points de vente habituels
Sur place : 27 €

© photos : Robert Downs Kelineres (public enemy) - Gilles Garrigos (le peuple de l'herbe)
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