Publié le 01/06/2011 - Lu 5182 fois
La Ville présente MADI du 17 juin au 6 novembre au Musée d'Art et d'Histoire. Cette exposition tente une approche ludique et récréative autour d'un mouvement d'abstraction en vogue dans les années 50. Aujourd'hui encore, les oeuvres MADI sortent du cadre et déstabilisent toujours autant le spectateur, ne serait-ce par le rapport singulier qu'elles entretiennent avec leur environnement. Le mouvement MADI est né en 1946 à Buenos Aires, créé par Carmelo Arden Quin et Gyula Kosice. Du terme MADI, ces pionniers donnent plusieurs versions. En 1947, Quin explique qu'il s'agit d'une anagramme de son nom. Au début des années 50, il parle davantage de MAtérialisme DIalectique. Puis, à partir de 1958, il est question de Mouvement Artistique D'Invention.
Si manifestement les origines du nom ne sont pas assurées, les spécialistes tendent néanmoins à s'accorder sur les spécificités des oeuvres MADI. Jean Branchet, artiste contemporain qui se réclame du mouvement résume ainsi : "les artistes MADI veulent tout simplement créer une oeuvre pure, ne signifiant rien, n'ayant aucun message à délivrer, une oeuvre qui n'existe que par elle-même."
Plus en détails, le mouvement MADI clame une totale liberté dans les modes d'expression, les formes et les moyens utilisés, ainsi que dans les rapports entretenus avec l'espace. Ses objectifs et seul impératif sont de sortir du carcan classique de la toile peinte héritée de la Renaissance, "de rejeter la forme traditionnelle qui enferme systématiquement le tableau dans le rectangle d'un cadre", précise Jean Branchet, au risque néanmoins d'imposer de nouvelles contraintes, de dessiner d'autres contours [ndlr].
MADI développe aussi le principe selon lequel l'artiste peut s'affranchir des surfaces planes pour peindre sur tous types de supports - sur des volumes, des plans amovibles animés, de sculpter dans la matière avec des espaces creux, et d'y associer des mouvements articulés.

Coplanal - Louis Guevara 1953 / Signe I - Carmelo Arden Quin 1953
L'exposition offre 3 points de vue sur le mouvement MADI, et présente des oeuvres créées par 81 artistes de 1936 à 2011 : un vaste panorama pour appréhender ce courant et l'abstraction géométrique de manière générale.
- Un premier espace est consacré à l'oeuvre de Carmelo Arden Quin, des productions des années 40 jusqu'à ses derniers travaux.
- Une deuxième salle réunit une large sélection d'artistes, compagnons de route de Carmelo Arden Quin, de 1950 aux années 80.
- Enfin, sont regroupés dans un troisième espace des artistes dont le travail entre en résonance avec le mouvement MADI.
C'est un parti pris muséographique assumé par les commissaires de l'exposition - Eric Morin, Directeur des Musées de Cholet, et Jacques Sauvageot, Historien et critique d'Art, de proposer une autre approche, facilitant en particulier le dialogue avec la création contemporaine. L'exposition cherche en filigrane à montrer comment le mouvement a pu influencer la création artistique de la fin du XXe siècle.
Un point de vue auquel l'ensemble des historiens de l'art n'adhèrera pas nécessairement, puisque beaucoup considèrent que MADI prend fin dans les années 60.
D'autres, au contraire, estiment que le mouvement connait un renouveau sensible dans les années 70 et 80, à travers les oeuvres de nombreux artistes en filiation. En Europe de l'Est notamment, ou en Italie où le design, en particulier, semble parfois s'inspirer du mouvement. Les lampes articulées d'Ettore Sottsass par exemple, ou des créations du français Philippe Starck qui, de Bubu à Dada, entre jeux et sculptures, paraissent réinterpréter l'univers et l'esthétique MADI.
Cette exposition prend tout son sens à Cholet par la présence dans les collections permanentes et réserves du musée d'oeuvres MADI. Une dizaine, de Carmelo Arden Quin (Signes I) à Volf Roitman (Spirale Madi n°8) en passant par des créations plus récentes comme celle de Mitsouko Mori (Pentagone A - 1991).
C'est également pour le musée choletais, l'occasion de rendre hommage à Carmelo Arden Quin, disparu le 28 septembre 2010.
De façon générale, Cholet est, indéniablement, un lieu marqué par la présence d'artistes contemporains qui s'inscrivent dans la mouvance de l'abstraction géométrique, de l'art concret ou de l'art minimal. François Morellet y vit et y a installé son atelier. Michel Jouët a également élu domicile dans le Choletais.

Cercles - fil à plomb - Michel Jouët 2010
Le Musée d'Art et d'Histoire développe depuis de nombreuses années une collection d'art moderne et contemporain consacrée à l'abstraction dans sa composante géométrique. Le MAH abrite ainsi une collection évoquant un siècle de création autour d'artistes de renom : Auguste Herbin, Felix Aublet, Pierre Hodé, Jean Leppien, Victor Vasarely, Carmelo Arden Quin, Aurélie Nemours, Geneviève Claisse, Kupka, les artistes du Groupe de Recherche d'Art Visuel dont François Morellet.
En 2000, le MAH a enrichi ses collections d'abstraction à travers l'acquisition d'une installation unique : "Le Labyrinthe", seule oeuvre collective du GRAV présentée dans un musée.
Retrouvez les rendez-vous et ateliers concoctés par l'équipe du musée.
Musée d'Art et d'Histoire
27 avenue de l'Abreuvoir
Tél. : 02 72 77 23 22
Ouvert du mercredi au dimanche
de 10h à 12h et de 14h à 18h
En juillet et août, ouverture le lundi
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