Publié le 05/02/2007 - Lu 6621 fois
Les toiles mystérieuses de Pedro Portugal jusqu’au 20 mai au Musée d’Art et d’Histoire.L’exposition distinguera deux parties : l’une, chronologique, du début des années 70 aux années 2000 ; l’autre, thématique, consacrée aux attitudes, parfois surréalistes, des personnages idéalisés par le peintre, graveur, sculpteur et céramiste.
Né à La Paz en 1937, Pedro Portugal quitte à l’âge de huit ans la Bolivie pour l’Argentine, suivant sa mère, devenue veuve. Cette femme, qui marquera profondément la vie de l’homme et de l’artiste, entreprend alors son apprentissage du dessin et de la céramique. En 1957, il entre à l’Université de Tucuman (Argentine) et s’initie à toutes les formes d’art : peinture à l’huile, sculpture, gravure…
Une petite dizaine d’années plus tard, il quitte l’Amérique du Sud pour le vieux continent, berceau de l’art selon lui. D’abord en Espagne, puis en France où il rencontre une Choletaise qui deviendra sa femme. Ils s’installent dans les Mauges en 1972.
C’est aussi à la même époque que l’artiste découvre l’Italie, où il séjournera régulièrement jusqu’en 1976. Il y trouve une luminosité proche de son pays d’origine et commence à y être véritablement reconnu en tant qu’artiste.
Durant cette période italienne, les couleurs de ses peintures et gravures, vives et chatoyantes, sont mises au service de sujets quasi abstraits, des corps parfois sans tête, presque psychédéliques. Une période moins connue du grand public et pourtant, une des œuvres de cette époque est alors exposée au Musée d’Art Moderne de Paris.
Les années 80 marquent un tournant. Le style est plus mature. Les couleurs sont moins vives mais restent lumineuses. Pedro Portugal évolue vers une peinture onirique, peuplée de personnages "encapuchonnés", qui semblent se protéger du monde extérieur et l’artiste de la critique.
A partir de 1993, la capuche, moins marquée, devient ruban, amorçant une période d’émancipation. Les sujets se révèlent au monde. Les notions de liberté, d’accomplissement et de sérénité apparaissent symboliquement dans les tableaux. Jusqu’en 2005, date de sa mort, la période est particulièrement prolifique.
La seconde partie de l’exposition sera consacrée aux "attitudes" des personnages sublimés par l’artiste. Des femmes pour la plupart, très idéalisées en référence à sa mère, celle qui diffuse le savoir, la connaissance, la sagesse. Mais aussi à la mère nourricière, la Pacha Mama, déesse andine de la Terre qui symbolise le tout.
Les attitudes et mouvements des personnages révèlent des femmes en suspension, des contorsions qui donnent naissance à des représentations proches du cubisme, en écho aux influences de Pedro Portugal, tout en affirmant un style personnel croisant différentes cultures.
Pour souligner cette approche thématique de son œuvre, l’équipe du Musée d’Art et d’Histoire a fait appel à la Compagnie Yvann Alexandre pour offrir un corps, en plus de l’âme, aux femmes représentées dans la série de gravures intitulée "Attitudes". Trois danseuses, Olivia Cassereau, Sandrine Maisonneuve et Aurélia Picot donneront vie à ces gestes étranges.
Prochains rendez-vous avec la compagnie au musée :
28 mars et 20 mai (renseignements : 02 41 49 25 50).
les tarifs d’entrée dans les Musées de Cholet ont été revus à la baisse et ce malgré une très belle année 2006 en terme de fréquentation.
Individuels : 3 € (gratuit pour les scolaires)
Les samedis d’octobre à mai, l’entrée dans les musées de Cholet est gratuite.
Musée d’Art et d’Histoire
Téléphone : 02 41 49 29 00
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