Publié le 14/03/2007 - Lu 5807 fois
Un ange passe"La pièce met en scène deux corps à corps pour un même duo dansé deux fois de suite. Un des trois interprètes est commun aux deux duos, comme un trait d’union entre deux esquisses. Plus que d’attraction ou de répulsion, "Silences" choisit surtout la notion de passation, de passation de vécus."
"La pièce transpose ce qui ne se dit pas habituellement entre deux corps. Ou plutôt ce qui se dit, mais sans mot. Ce qui se sent autrement dit, sans commentaire aucun. Ce que l’autre interprète. J’aime comparer "Silences" à ces boules à neige qui renferment une scène placée au cœur d’un décor. Je trouve ces petits mondes clos particulièrement inquiétants.
L’apparente sérénité qui y règne est entièrement suspendue à la présence de l’eau contenue dans la boule. Si la bulle se brise, l’eau se répand emportant avec elle tout ce qui donnait la substance à cette vie artificielle."
"Là où le corps sombre (précédente création de la compagnie) s’est arrêté. A l’endroit précis où la chute a eu lieu. Plus un bruit, le silence. Il ne reste plus que deux corps, plongés dans un espace totalement abstrait, un jardin japonais en hiver. A l’aube d’un nouveau départ, ils s’apprêtent à écrire autre chose sur une page blanche, totalement vierge."
"Les deux pièces ont été écrites en simultanée. Si elles semblent se répondre, elles présentent néanmoins de nombreux éléments antinomiques. "Silences" est un monochrome blanc, une pièce épurée qui fait le jeu de l’abstraction. A l’inverse, "le corps sombre" est une grosse machine obscure, noire, dont la mise en scène chargée est assortie d’artifices visuels et sonores."
"Parce que l’attachement au temps et à la saisonnalité est fondamental dans cette partie du monde. Que le rapport à l’abstraction y est aussi très puissant, l’univers japonais va à l’essentiel. Que la calligraphie me touche particulièrement. Que les actes rituels y sont très présents, instrumentalisés notamment par le combat, que j’estime être extrêmement proche de l’art chorégraphique. "Silences", qui est une pièce profonde et presque spirituelle, trouve logiquement un écho dans cette esthétique."
"Qu'il se dise qu’il a la chance de venir au cœur d’une proximité corps à corps aussi forte. Qu’il vient prendre place au cœur d’un jardin secret."
"Sans notion de temps peut-être… dans un état proche du recueillement. Qu’ils aient envie de s’étirer aussi, comme on sort de son lit après une nuit pleine de rêves. Que leur corps se sente reposé, alors que leur esprit est resté centré sur une sorte de rêve éveillé… Mais je n’aime pas cette question. Ce n’est pas à moi de décréter ce genre de choses."
Conception générale Yvann Alexandre
Assistante chorégraphique Justine Allereau
Interprètes
Kevin Bruneel, David Drouard et Vincenzo Schiavulli
association c.r.c / yvann alexandre
02 41 46 77 43
yvannalexandre.crc@hotmail.fr
Silences duos, création franco-québécoise, écrite entre 2002 et 2006. Loin de tout apport technique ou technologique, une pièce qui exprime les systèmes d’écriture chers au chorégraphe avec une confiance absolue dans le mouvement. L’écrin, silencieux et épuré (sans musique ou sans bande sonore, espace dansé pratiquement nu, lumineux et blanc), permet au spectateur d’être dans un dispositif in situ, au cœur d’un jardin intime, au corps à corps avec les interprètes, au plus près de la matière.
Les 20 et 21 mars : quatre représentations au Jardin de Verre, dont une à l’attention du public scolaire.
Il reste des places pour les deux représentations du 21.
Renseignements : 02 41 65 13 58

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