Publié le 10/12/2007 - Lu 7287 fois
Notre série d’articles sur le Val de Moine se poursuit. Après avoir évoqué dans la question du cadre de vie, ce second volet développe un autre aspect de l’Approche Environnementale de l’Urbanisme : celui de la gestion de l’eau. "L’eau est une ressource naturelle essentielle pour l’être humain, pour son activité et son environnement. Longtemps considérée comme abondante, elle est aujourd’hui perçue à juste titre comme un bien limité à la qualité menacée."
Les opérations d’aménagement conduisent souvent à l’imperméabilisation des surfaces, ce qui a pour effet de perturber le cycle naturel de l’eau. Conséquence : les eaux pluviales qui alimentent les nappes souterraines ont tendance à ruisseler sur des surfaces imperméables de type toitures, parkings, voiries. C’est pourquoi, l’aménagement de l’espace doit aujourd’hui favoriser l’évacuation de ces eaux afin d’éviter tout risque d’inondation. Les collectivités disposent désormais de techniques appropriées pour cela, ainsi que pour la rétention et le stockage des eaux pluviales, offrant des modes de gestion alternative.

Photo gauche : exemple de chemin piétonnier perméable, agglomération nantaise
Photo droite : exemple de toiture végétalisée
Le principe est de limiter les perturbations occasionnées sur le cycle naturel de l’eau, tout en respec-tant les caractéristiques naturelles d’un site. La gestion alternative des eaux pluviales permet d’intégrer des ouvrages de collecte à l’air libre et des ouvrages de stockage des eaux pluviales au cœur d’aménagements paysagers. Une démarche qui participe à la qualité du cadre de vie et au bien-être des usagers à travers la création d’espaces végétalisés supplémentaires.
Il s’agit donc de traiter les équipements de récupération comme de véritables éléments de composition urbaine et non plus comme de simples ouvrages techniques.
Concernant la ZAC du Val de Moine, la collectivité a opté, en remplacement des réseaux enterrés, pour la réalisation de systèmes de rétention de plein air sous la forme de fossés ou de noues. De petits bassins de rétention pourront compléter ce système de gestion.
Pour limiter l’imperméabilisation des sols, le recours à des revêtements perméables pour les voies piétonnes et cyclables, à des chaussées drainantes ou encore à des toitures végétalisées et à des toits stockants pourra aussi être envisagé.
Des dalles engazonnées utilisées pour le stationnement soutiendront aussi cette démarche. En plus de leur aspect esthétique, celles-ci réduisent sensiblement les volumes d’eau à stocker.
La recherche d’une utilisation raisonnée de l’eau, grâce à des équipements hydroéconomes (WC, robinets…), mais aussi en faisant le choix de végétaux peu consommateurs d’eau, sera un des principes d’aménagement et de construction préconisés.
S’inscrivant elle-même dans une démarche de développement durable, la collectivité réfléchit de son côté à l’utilisation d’un système de récupération d’eau de pluie pour assurer l’arrosage des espaces verts. L’usage de citernes individuelles pourra également permettre à chaque foyer d’économiser l’eau de manière significative.
Résultat : la gestion alternative des eaux pluviales vise au respect du site et de ses caractéristiques, à la création d’un cadre de vie de qualité et à une utilisation économe de l’eau.
L’eau est un élément structurant des paysages ruraux et urbains qui participe à la qualité du cadre de vie. Ce milieu représente non seulement un patrimoine naturel, mais aussi un espace potentiel de détente, de loisirs propices à l’implantation d’activités récréatives pédagogiques sportives ou culturelles.
La gestion durable de l’eau doit également permettre de préserver les milieux aquatiques et les zones humides. Le site du Val de Moine est composé d’un réseau de mares relativement dense qui joue un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité des espèces animales et végétales. Ces mares, répertoriées de façon exhaustive, composent de véritables corridors biologiques et pourront, en fonction de leur sensibilité, être intégrées aux espaces verts publics ou maintenues à l’écart des espaces fréquentés pour en préserver tout l’intérêt écologique. Associés aux modes de déplacements doux, ces corridors pourront également servir de support aux circulations piétonnes et cyclistes.


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