Publié le 10/03/2008 - Lu 10386 fois
La valorisation des déchets verts, réalisée sur la plateforme de compostage du Cormier, se perfectionne. Pour renforcer davantage son action en faveur de l’environnement et du cadre de vie des Choletais, la société Maine Compost veut maintenant poursuivre l’aménagement du site en construisant un bâtiment confiné, équipé d’un système performant de traitement des odeurs.Un aménagement qui devrait voir le jour au second semestre, appuyé par l’intervention d’un Comité de suivi créé à l’initiative de la Ville.
C’est la Communauté d’Agglomération du Choletais qui exerce la compétence "Collecte et traitement des déchets ménagers". Dans "déchets ménagers" il y a : "ordures résiduelles", "emballages à recycler" et "produits déposés en déchetterie", notamment les déchets verts.

La gestion des déchetteries et autres éco-points est assurée par la société Brangeon Environnement, qui sous-traite la partie "compostage" à une filiale du groupe : Maine Compost.
Sa plateforme choletaise de traitement des déchets verts est installée au Cormier depuis 2001. Cette implantation géographique, au cœur de l'agglomération, permet de limiter les frais de transport des déchets, ce qui a un impact sur la TEOM*. En effet, 20 à 25 camions remplis de déchets verts transitent en moyenne chaque jour vers la plateforme de Cholet.
Soumise à autorisation préfectorale, certifiée ISO 14001 (norme environnement), régulièrement contrôlée par la Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement, la plateforme choletaise (2,8 hectares) dispose d’une capacité annuelle de traitement de 30 000 tonnes. Actuellement, environ 20 000 tonnes de déchets verts y sont transformées chaque année. Un chiffre qui augmente régulièrement, compte tenu de l’expansion de l’habitat individuel et des jardins privatifs afférents, et de l’amélioration du cadre de vie qui induit, entre autres, le développement des espaces verts urbains.
Par ailleurs, le traitement de ces déchets est de plus en plus coûteux. Outre les volumes croissants, les règles en la matière deviennent draconiennes.
* Les dépenses de collecte et de traitement générées par les déchets ménagers des habitants de la CAC sont couvertes par la Taxe d'Elèvement des Ordures Ménagères. La collecte ne représente que 32% du budget de fonctionnement de cette compétence. En effet, le traitement représente la part la plus lourde de son budget : 68%
Les déchets verts traités sur la plateforme du Cormier proviennent à 70 % des apports déposés en déchetterie par les particuliers.
Le compost végétal (100 % de déchets verts) élaboré sur le site est commercialisé auprès :
» d’ensacheurs (pour la confection de terreau horticole) ;
» des collectivités pour l’entretien de leurs espaces verts ;
» des professionnels des espaces verts et de l’horticulture ;
» du milieu agricole ;
» des particuliers.
Les particuliers de l’agglomération peuvent se procurer du compost sur le site choletais de la Société de Dragage du Val de Loire (SDVL), à proximité de la déchetterie de la Blanchardière à Cholet, moyennant 2 € la petite remorque (environ 1 m3). Un prix particulièrement compétitif, puisqu’il est 10 fois moins élevé que le coût habituel. Une clause imposée par la CAC dans le marché des déchets verts.
Des produits plus spécifiques sont également proposés :
» mélanges de terre supérieure et de compost végétal, prêts à l'emploi ;
» produits de paillage avec du broyat de palettes non traitées (colorés ou non) ;
» produits de paillage à base de refus de criblage rebroyés (idéal pour l’isolation des sols tout en offrant un nouvel aspect esthétique et des éléments nutritifs aux massifs).
Le compostage est un procédé biologique naturel. Il transforme la matière organique en un produit stable appelé compost.
Le compostage suit des étapes spécifiques :
Préparation
» Réception des produits.
» Tri (indésirables comme des plastiques, gravats, métaux, plantes en plastique ou cartons).
» Broyage. Depuis septembre, Maine Compost dispose d'un des plus performants broyeurs mobiles du marché. Grâce à lui, le broyage est effectué plus rapidement avant l’arrosage qui accélère par la suite le travail des bactéries et des champignons présents naturellement dans les déchets. L’eau utilisée est de l’eau de pluie récupérée sur la plateforme. Rendue étanche, celle-ci facilite l’écoulement des eaux vers une lagune qui empêche toute infiltration dans le milieu naturel.
Fermentation
» Cases d’aération forcée (humidité et oxygène accrus, grâce à un système de drains et de ventilateurs). Cette phase dure environ trois semaines.
» Mise en andains (tas triangulaires), retournés deux à trois fois par semaine pour apporter davantage d'oxygène et affiner le produit. Un retourneur plus performant a également été acquis en septembre dernier.
Maturation
» Toujours en andains, avec une fréquence de retournement réduite pendant environ 1 mois - 1 mois ½.
Analyses
» Contrôle de l'aspect agronomique du compost et suivi des polluants éventuels.
Criblage
» Tamisage pour séparer les plus gros morceaux de bois non dégradés, afin d’extraire la fraction fine qu'est le compost.
Stockage, évacuation, commercialisation
"Notre process a beaucoup évolué au cours des derniers mois", assure Sylvain Chéron, Responsable de la filiale.
"Il limite sensiblement la production d’odeurs liée à notre activité. Nous militons tous dans ce sens : les riverains, la Ville et Maine Compost. La durée de transformation des déchets a ainsi été réduite de moitié, passant de 6 à 3 mois. Ce gain de temps substantiel a pu se faire grâce à un renforcement de l’apport d’oxygène dans le processus. Plus il y a d’oxygène dans le traitement, moins on génère d’odeurs tout en accélérant la fermentation", précise-t-il.
Pour confirmer son action en faveur du cadre de vie, le groupe projette aujourd’hui de couvrir les cases d’aération forcée. Ce projet d’aménagement prévoit aussi la réalisation d’un vaste hall confiné pour le stockage des matières. A souligner aussi, le traitement des boues et des invendus de fruits et légumes de la grande distribution a été abandonné sur le site en juillet 2007.
Sylvain Chéron, Responsable filiale
Tél. 02 41 49 87 67
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