Publié le 07/03/2005 - Lu 9087 fois
L'association ARSINOE (Autre Regard Sur l'INceste pour Ouvrir sur l'Espoir) dispose d'un espace ressource au centre social du Planty. L'AAVAS (Association d'Aide aux Victimes d'Abus Sexuels) reçoit sur rendez-vous, rue de l'Ancien Hôpital...L'association ARSINOE (Autre Regard Sur l'INceste pour Ouvrir sur l'Espoir) propose des alternatives éducatives, sociales, psychologiques, médicales et judiciaires à tout ce qui concerne de près ou de loin l'inceste et la maltraitance. Elle dispose depuis peu à Cholet d'un Espace ressources, au Centre social du Planty.
Lieu d'écoute, de soutien et d'accompagnement, cet espace est ouvert à tous : individuels, couples et familles ; parents et personnes sur le point de le devenir. Une équipe de professionnels des secteurs médical, social, juridique, éducatif est à votre disposition et vous reçoit sur rendez-vous, pour des questions liées à la maltraitance et plus particulièrement à l'inceste.
Partant du principe que "l'inceste n'est pas une fatalité", les membres d'ARSINOE travaillent sur le concept de résilience. Son principe : aider à transformer un traumatisme en énergie. "Se servir d'une douleur comme d'un marchepied pour avancer dans la vie. Le succès du chanteur Corneille, dont la famille a été décimée lors des massacres perpétrés au Rwanda, est un bon exemple de résilience", illustre Marie Rousseau, responsable de la nouvelle permanence choletaise. "C’est un concept développé entre autres par Boris Cyrulnik, psychiatre et neurologue, auteur de nombreux ouvrages sur le thème."
Les membres de l’association proposent une approche systémique, qui tente de prendre en compte l'ensemble des éléments physiques et immatériels à l'origine d'une situation. Dans le cadre de l'inceste, il est nécessaire d'étudier chaque cas en fonction d'un vécu, d'un environnement familial, de comprendre des mécanismes qui parfois s'inscrivent dans une dimension intergénérationnelle. Avant toute chose, il s’agit de faire de la prévention, par l'écoute et le soutien, auprès de personnes qui présentent des symptômes ou pensent les porter. La démarche consiste alors à réfléchir et chercher avec elles les causes de telles impressions. Le cas échéant, l'association peut réorienter les personnes accueillies vers des partenaires plus spécialisés (médecin, psychiatre).
Les membres d'ARSINOE parlent de personne ayant vécu l'inceste et non de victime ; d'auteur d'abus sexuels et non d'agresseur. Attitude de non-jugement visant à ne pas réduire la personne abusée à son traumatisme et l'abuseur à son acte. Reformuler de la sorte, c'est déjà porter un autre regard sur la place et le rôle de chacun dans l'inceste : un regard constructif.
Consultation anonyme. Participation financière demandée en fonction des revenus.
L'AAVAS (Association d'Aide aux Victimes d'Abus Sexuels) reçoit sur rendez-vous, à Cholet le 3e mercredi de chaque mois entre 14 h et 18 h, au 2 rue de l'Ancien Hôpital.
"L'association est née à Angers il y a 9 ans, d'une réflexion menée par des professionnels du secteur socio-éducatif. Son objectif est d'aider les personnes qui n'ont pas trouvé de lieux de parole spécifique pour briser le silence autour des abus sexuels", indique Danielle Vosgien, Vice-Présidente et membre fondateur de l'association. L'AAVAS se compose aujourd'hui d'une équipe pluridisciplinaire de douze personnes. Les consultations sont gratuites. Les entretiens sont assurés conjointement par deux professionnels. Ils sont tenus au secret et respectent l'anonymat à la demande des personnes accueillies. Mais elles ont l'obligation de signaler, conformément à la loi, les faits de maltraitance impliquant des mineurs qui seraient portés à leur connaissance. "Nous ne recevons que des adultes. Des femmes, des hommes, des couples… Toutes les personnes majeures se plaignant d'abus sexuels récents ou anciens, et tous les proches de personnes mineures ou majeures victimes d'abus sexuels. Notre rôle est de les écouter et les conseiller dans une triple approche : psychologique, juridique et sociale", précise Clotilde Copin, psychologue, coordinatrice de l'association.
"Un de nos objectifs est d’aider les personnes que nous accueillons à mettre des mots sur leurs traumatismes, chercher avec elles à comprendre certaines situations de doute, répondre à leurs interrogations. Nous les encourageons à parler, à verbaliser leurs émotions", ajoute Danielle Vosgien. L'AAVAS travaille aussi en lien et en complémentarité avec d'autres professionnels (assistantes sociales, avocats, médecins, psychiatres et services de police et judiciaires) vers qui elle oriente parfois, selon les situations, les personnes qu’elle accompagne. En 2004, 111 personnes entre 18 et 70 ans ont été reçues en entretien. "Même de nombreuses années après, il n'est jamais trop tard pour en parler", précisent les deux femmes. "Etre écouté pour retrouver un équilibre acceptable."
L'AAVAS mène aussi des actions de prévention avec des professionnels du secteur socio-éducatif (Foyers de Jeunes Travailleurs, structures d'insertion, centres sociaux…), les informe, organise des ateliers et des groupes de réflexion sur les abus sexuels. Précisons que la pédophilie, l’inceste, l’exhibition sexuelle, le harcèlement sexuel au travail et le viol sont tous considérés comme abus sexuels.
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