Publié le 06/04/2009 - Lu 7179 fois
En octobre 2006, le Conservatoire de Cholet inaugurait son Département Musiques Actuelles. Après trois ans d’activité pour promouvoir et développer les musiques actuelles dans le Choletais, la rédaction a rencontré Laurent Pataillot, responsable du département, pour dresser un bilan du travail entrepris.Le Département Musiques Actuelles forme, conseille et accompagne des groupes ou artistes solos issus d’univers musicaux très variés. Cette année encore, cinq groupes ont été sélectionnés : Asesino (hip hop), Flapjack (punk emo), Pink Hearts (duo de blues déjanté), Amod (electro) et Abysse (métal expérimental). Pour eux, l’année va se clôturer par un concert au Bar’Ouf et la sortie d’une compilation éditée à 250 exemplaires, réunissant cinq titres, à raison d’un titre par groupe.
Pour mener à bien sa mission, le département n’a pas de programme préétabli. Après avoir sélectionné chaque groupe pour la qualité de son projet, le seul mot d’ordre est l’épanouissement musical de chacune des formations. Pour ce faire, Laurent Pataillot s'appuie tout d’abord sur ses propres compétences et expériences. Titulaire d’un certificat d’aptitude en musiques actuelles, il dispose de plus d'une expérience de dix ans en tant que musicien professionnel, et d'une solide maîtrise des techniques de MAO (Musique Assistée par Ordinateur).
Du côté des moyens techniques, le département peut compter sur des équipements de qualité, à l’image du studio d’enregistrement flambant neuf et d’un large parc d’instruments. Enfin, une enveloppe financière est mise à sa disposition par la Communauté d'Agglomération du Choletais pour lui permettre d’avoir recours, quand cela est nécessaire, à des intervenants extérieurs : musiciens, managers, ingénieurs du son ainsi que divers professionnels du secteur. En dehors de leurs savoir-faire, ces intervenants savent aussi apporter un regard neuf sur les projets et créations des artistes en formation.
Et la méthode a déjà porté ses fruits ! En effet, plusieurs artistes passés par le Département de Musiques Actuelles du Conservatoire connaissent un succès grandissant. Parmi eux, DJ Slade, explorateur d’univers musicaux. Après un passage au Conservatoire en 2006, DJ Slade a pu se produire dans différents lieux comme le Chabada à Angers, à Cholet dans le cadre des Z’Eclectiques ou encore à la Barakason de Rezé. Avec son groupe, Slade, qui réunit un hautboïste et une chanteuse, DJ Slade propose un univers musical riche, mélange de sonorités électro-acoustiques et de rythmiques hip hop. Récemment, le groupe a été sélectionné pour le tremplin Electric’Cité au Mans.
Egalement passé par le Département Musiques Actuelles en 2006, la réussite semble aussi être au rendez-vous pour le groupe Nedz. Après avoir assuré une quarantaine de dates l’année dernière, le groupe sort ces jours-ci son premier album autoproduit, édité dans un premier temps à 500 exemplaires.
A propos de leur formation dans le Département de Musiques Actuelles, les membres du groupe sont clairs : "le Conservatoire a vraiment accéléré les choses, tant au niveau technique qu’en termes de rigueur et d’efficacité", précise David, auteur-compositeur et guitariste. "Le département a su s’adapter au groupe et nous a aidés à constituer un carnet d’adresses, nous permettant ainsi de multiplier les dates rapidement."
L’ouverture de ce département constitue donc une vraie réussite. Très prochainement, une nouveauté va venir s’ajouter au processus d’intégration des musiques actuelles à l’enseignement du Conservatoire. Des ateliers beat-box ("boîte à rythme en anglais" ; discipline consistant à produire des sons avec sa bouche) vont être proposés aux élèves par des intervenants extérieurs. La preuve que le Département Musiques Actuelles n’a pas dit son dernier mot.
Les groupes intéressés par cette formation peuvent déposer leur dossier auprès du Conservatoire, 5 rue Tournerit 49300 Cholet.
Le dossier n’a aucune forme imposée, mais le projet doit être clairement exposé et développé. Vous pouvez y joindre une démo ou un lien Internet.
"Il semble difficile de mettre un terme définitif au téléchargement illégal, les activistes du piratage ayant toujours une longueur d’avance sur les autorités de répression (exemple de l’apparition des réseaux cryptés au Japon).
Pourtant, si la musique a tout perdu de sa valeur matérielle avec le téléchargement, elle n’a rien perdu de son pouvoir émotionnel ni de sa valeur propre." Il évoque ensuite la possibilité d’une redéfinition des modes de consommation et de diffusion de la musique pour pouvoir, peut-être, trouver de nouvelles manières de valoriser la création musicale.
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