Publié le 03/05/2005 - Lu 10486 fois
Le 6 avril dernier, dans les locaux de la Communauté d’Agglomération du Choletais, les délégués des dix établissements de coopération intercommunale composant le SMEVED, se sont prononcés par 11 voix sur 15, pour une filière de traitement et d’élimination des déchets ménagers.Le 6 avril dernier, dans les locaux de la Communauté d’Agglomération du Choletais, les délégués des dix établissements de coopération intercommunale composant le SMEVED, se sont prononcés par 11 voix sur 15, pour une filière de traitement et d’élimination des déchets ménagers.
La solution retenue combine compostage et incinération.
Le SMEVED (Syndicat Mixte d’Etudes pour la Valorisation et l’Elimination des Déchets) a été créé en octobre 2003 pour réfléchir à une nouvelle filière de traitement des ordures ménagères pour les 113 communes qui le constituent, dont les 13 communes de la CAC. Aujourd'hui, il représente près de 270 000 habitants de Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique qui, jusqu’ici, produisent ensemble 127 000 tonnes de déchets ménagers chaque année. Cette population est amenée à augmenter dans les prochaines décennies et les unités de traitement utilisées actuellement arrivent à saturation et ne répondront bientôt plus aux normes environnementales.
Après de nombreux débats entre les élus, la population et les associations de défense de l’environnement, sur la base de cinq scénarios présentant différentes alternatives, les délégués du SMEVED ont choisi la filière n°3 intitulée "Valorisation biologique et énergétique". Elle donne la priorité au compostage et à l'incinération, mettant volontairement de côté l'enfouissement réduit ici à la portion congrue, soit moins de 3 % du tonnage global des ordures traitées.
Concernant les implantations, chaque bassin de vie – le territoire a été découpé en trois – devra accueillir une unité de traitement, pour limiter localement les impacts sur l'environnement. Une unité de compostage pour les Mauges (l'usine de Bourgneuf sera reconstruite et modernisée), une autre pour le Vignoble et un incinérateur dans le Choletais, d'une capacité de 45 000 tonnes annuelles. "Les incinérateurs dernière génération respectent des normes drastiques imposées par l'Union Européenne. Il ne faut donc pas les diaboliser", insiste Gérard Fauconnier, Président du SMEVED.
Le choix de cette filière suppose de réduire à la source le volume d'ordures à incinérer ou à composter, en limitant d'une part les quantités produites par chaque habitant et en valorisant tous les déchets qui peuvent l'être. Dans cet esprit, il faudra poursuivre et améliorer le tri sélectif réalisé dans les foyers, qui permet déjà un recyclage important. Il est également nécessaire d'encourager les habitants à modifier leurs pratiques de consommation : acheter des produits conditionnés par moins d'emballages par exemple.
Par ailleurs, il faut développer le compostage, c'est à dire la transformation par décomposition des bio-déchets (restes alimentaires, épluchures de fruits et légumes…) en engrais naturel. Le compostage peut être individuel, grâce à l'utilisation de bacs spécifiques installés dans les jardins, solution retenue pour le Choletais où l'on note une forte proportion d'habitat pavillonnaire et donc de jardins privés. Il peut aussi être collectif, en sélectionnant les bio-déchets parmi les "ordures grises" (déchets restant après avoir trié les matières recyclables). Ce tri sera alors réalisé dans des usines équipées de systèmes mécaniques, comme le seront les unités implantées dans les Mauges et dans le Vignoble.
Les déchets résiduels qui n’auraient pu être recyclés ou compostés seront acheminés vers le centre d'incinération du Choletais. A l’issue de l’incinération, 70% des déchets auront été valorisés en énergie électrique, 27 % réutilisés dans la réalisation des sous-couches d'infrastructures routières (les mâchefers) et 3 %, correspondant aux cendres ultimes laissées après l'incinération, seront exportés vers un centre spécialisé dans le Nord du Maine-et-Loire.
Ayant rempli sa mission d’étude, le SMEVED va maintenant être transformé en Syndicat Mixte de Travaux. Dès 2006, cette nouvelle structure travaillera à la recherche de sites d'implantation pour les nouvelles unités. La mise en service de l’ensemble de la filière n°3 est programmée pour 2010.

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