Publié le 06/09/2005 - Lu 11316 fois
Du 11 juin au 18 septembre, le Musée du Textile propose une rétrospective du travail artistique de Fanny Viollet, du début des années 80 à aujourd’hui. Du 11 juin au 18 septembre, le Musée du Textile propose une rétrospective du travail artistique de Fanny Viollet, du début des années 80 à aujourd’hui.
Après les "robes sculptures" d’Eva Demarelatrous, présentées l’été dernier dans ses jardins, le Musée invite une autre artiste contemporaine qui a choisi d’utiliser le fil pour médium. Son message est positif ; ses œuvres touchantes et amusantes.
Au début des années 80, alors qu’un vent de féminisme souffle sur la France, sous l’impulsion de groupuscules qui prônent de façon très radicale la libération de la femme, une artiste, inspirée par un ouvrage de l’ethnologue Yvonne Verdier ("Façons de dire, façons de faire" éditions Gallimard, Paris, 1979), décide elle aussi de se préoccuper de l’univers féminin. Féministe à sa manière, Fanny Viollet prend néanmoins le parti de réinterpréter les ouvrages de dames quand d'autres choisissent alors de brûler leurs soutiens-gorge…
Cette exposition, intitulée "Fanny Viollet, dits et fabulettes", ressemble à un témoignage retraçant 25 ans de la vie artistique d’une femme, ayant décidé de faire de certains gestes traditionnels, considérés à l’époque par bon nombre comme désuets, mis volontairement au rebut par certains, à l'image de la broderie ou du tricotage, des moyens d'expression au service d'une création artistique tout à fait contemporaine. Elle ne manquera pas au passage de remettre ces techniques au goût du jour, les inscrivant ainsi dans la modernité.
Les œuvres de Fanny Viollet nous parlent aujourd’hui du temps passé et de celui qui passe, perpétuellement. Son leitmotiv, certainement la transmission d'une mémoire collective, à travers des idées simples et des souvenirs souvent empruntés à d'autres. L'artiste nous offre ainsi une sorte de journal intime, nourri des histoires des autres, fait de paraboles et de métaphores inspirées de morceaux de vie glanés çà et là, au cours de ses pérégrinations. Comme un couloir du temps, dans lequel ses mots brodés sont autant de fils conducteurs d’une mémoire perpétuée, "métaphores colorées et souriantes de souvenirs et de petites histoires vécues et entendues, racontées, imaginées et espérées...", note Aude Le Guennec, responsable du Musée du Textile.
Les matières et les supports de Fanny Viollet, ce sont des objets du quotidien, consciencieusement archivés dans des "boîtes à dérisoires". En parlant de ces boîtes, Aude
Le Guennec évoque "un esthétique travail d’archivage, quasi archéologique", catalogue de matières dans lesquelles l'artiste a en partie puisé son inspiration. Un papier de bonbons ramassé dans la rue, des fonds de tiroir, des couvercles de pots de yaourts, des timbres, des étiquettes de bouteilles, des mouchoirs en tissu tombés de la poche d’une veste… Tous ont leur histoire que, d’une certaine manière, il nous est permis ici de réinventer ou même de s’approprier (hormis le mouchoir usagé…). Fanny Viollet leur a redonné vie, "ces matières réemployées" devenant en effet la base de superbes broderies, de fabuleux
textiles chamarrés dignes de la haute couture.
Visites guidées de l’exposition (tarif : 1,65 euros ; gratuit pour les scolaires, étudiants et enseignants) les 8 et 29 juillet et le 19 août à 14h30.
Dans le cadre de l’exposition et à l’occasion de l’opération nationale "Rendez-vous au jardin", la Médiation culturelle des Musées de Cholet propose des animations gratuites prenant pour thème : "Les glaneuses".

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